vendredi 9 avril 2010
jeudi 1 avril 2010
le corps amazone
"Le corps amazone" (74'), 2010
Un film sur ce qu’on gagne en perdant
Dans le film ‘Le corps amazone,’ vous allez découvrir des femmes qui ont survécu à un cancer du sein. Dans la bataille, elles ont toutes laissé un sein. Pendant le film, elles nous font part de la façon dont elles se sont réapproprié leur corps, leur être.
Avant de commencer ce projet, je n’avais eu aucun lien intime avec le cancer – ni dans ma famille, ni parmi mes amis. Ce qui me parlait beaucoup dans cette « aventure », c’était cette question de comment continuer après qu’un accident de la vie soit arrivé. Comment se reconstruire, comment redevenir maître de sa propre vie. Comment inventer une normalité pour soi, une normalité autre que la normalité ‘normale’. Comment accepter quelque chose qu’on n’a pas choisi. Comment retrouver la joie, l’envie, la vie. Et aussi ce désir d’entendre des récits d’autres qui sont déjà passés par là, de partager un vécu pour qu’il soit moins lourd.
Dans tout le film la question – où est-ce que je suis femme ? – se pose. L’image du corps nous renvoie à des représentations que nous avons et que nous ne questionnons pas en règle générale. Le travail du photographe et des artistes invite à réfléchir sur la beauté.
Ce film m’a fait rencontrer des femmes qui m’ont littéralement fascinée. Je ne suis pas engagée dans des batailles féministes et je ne suis pas très axée sur les associations exclusivement féminines, mais les femmes que j’ai pu rencontrer m’ont complètement surprise par leur force et énergie, tout en les sentant fragiles. Pour le dire différemment : elles sont étonnement vivantes. On se mettrait à les envier si on n’avait pas si peur du crabe…
Chacune des femmes filmées a - pour des raisons différentes - décidé de ne rien changer à son nouveau corps, de rester comme ça, « asymétrique ». Pourtant, avec les moyens de la chirurgie esthétique d’aujourd’hui, une reconstruction du volume perdu est possible. Au début du film, j’avais envie de rencontrer des femmes ayant choisi de faire une reconstruction. Mais, au fur et à mesure que le projet a avancé et que j’ai entendu les récits des unes et des autres, je me suis aperçue que ce qui comptait pour moi, c’était celles qui avaient choisi de se reconstruire autrement en acceptant l’ablation sans reconstruction physique. Je voulais être là où les vraies histoires avaient eu lieu.
Il ne faut pas en conclure que je suis contre une reconstruction chirurgicale. Au contraire, si cela permet à une femme de retrouver son équilibre et son bonheur, tant mieux. Mais pour moi, qui fait un film, qui veut raconter une trajectoire de vie, ça ne me parlait pas de la même manière. Si je devais faire un film avec des gens en surpoids, je ne filmerais pas ceux qui ont réussi à maigrir. Je ne voulais pas être dans la normalité ‘normée’.
En envisageant l’acceptation de la métamorphose physique imposée par le cancer, les femmes dans mon film ont dû grandir, s’élever, faire l’effort pour dépasser le deuil, l’angoisse, la colère et l’amertume. Pour moi, l’important était de savoir en quoi cet accident de vie pouvait-il avoir du positif, et de le communiquer par mon film, un film sur ce qu’on gagne en perdant.
mardi 23 mars 2010
mercredi 24 février 2010
2009, La Pensée vient en marchant
« Un temps seul. Un temps en dehors de tout, comme un cadeau. Prendre le temps pour réfléchir. Une retraite du monde. Se retrouver.
Ralentir l’incroyable vitesse de nos vies.
Sur ce chemin, tous semblent être à un moment charnière de leur vie. Est-ce que la marche aide à voir plus clair ?
Voici un film de rencontres, de moments partagés sur cette longue route qui les mènent vers Santiago de Compostela, lieu d’un pèlerinage millénaire. »
Scénario, Réalisation, Image: Anja Unger; assistée de Daniel Nehm; Montage et Son: Pascale Mons; Musique: William Risby, Xavier Berthelot
produit par Agnès Trintzius (Crescendo films) en co-production avec Regards.doc, Cityzen TV et les Films JFB. Soutenu par le CNC, la région Aquitaine,le programme MEDIA PLUS, la SCAM (bourse Brouillon d'un Rêve) et la bourse Louis Lumière.
Durée : 49 minutes, format : 16/9
DVD disponible: contact@crescendofilms.fr
vendredi 12 février 2010
2005, Boris Pétric, anthropologue

Dans un premier temps, Boris Pétric s'est consacré à l'étude des pays post-totalitaires de l'ancien bloc communiste. Un travail sur l'éclatement de l'ex-Yougoslavie s'est poursuivi par une thèse sur le pouvoir des notables provinciaux de l'Ouzbékistan. Il est également l'auteur du film documentaire "Democracy@large" relatant l'implémentation forcée d'un modèle politique démocratique et capitaliste au Kirghizistan. Actuellement, il mène une étude sur l'évolution du pouvoir au sein de la viticulture en Languedoc-Roussillon, en suivant des leaders syndicaux de caves coopératives.
disponible en ligne
lien: http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=1768&rang=3
vendredi 15 janvier 2010
2004, Promenades entre Chien et Loup. Une fantaisie filmique d'Allemagne

« Qui est l'Allemagne ? » : cette question revient très régulièrement dans les débats publiques d’outre-Rhin. « Qui est ton pays ? » est au cœur d'une longue réflexion personnelle qui s'est encore intensifiée avec mon installation en France il y a plus de 14 ans. Devant l'écran d'une vie à l'étranger, les questions surgissent autrement et deviennent une urgence, parfois même une évidence. L'Allemagne n'est pas comme les autres pays natals. L'héritage s'avère inconfortable.
« Promenades entre chien et loup » cherche à comprendre les empreintes que laisse ce pays sur ceux qui y naissent et grandissent. Quels sont les bagages pour la vie que l’on y reçoit ? Je suis à la recherche de l’impalpable, ce que l’on ressent plus qu’on ne le sait, ces traces invisibles et pourtant ineffaçables du passé. Cette recherche fera miroir de l’Allemagne qui, aujourd’hui, se cherche de nouveau. Les effets de la réunification, la construction de l’Europe et le passage de « la mémoire vécue » à « la mémoire racontée » font évoluer le pays et la vision de lui-même à grande vitesse.
Trois voyages imbriqués racontent ma quête de traces, mes trouvailles de bribes de souvenirs collectifs et personnels. Le film ne sera pas une enquête journalistique alignant des arguments dans une logique affirmant une seule interprétation possible. Ce film-voyage fait apparaître l’Histoire à travers des petites histoires, il creuse dans les souvenirs personnels et laisse parler des émotions pour faire ressentir le poids d’un passé mouvementé à maintes égards. «Entre chien et loup» n’est pas un titre choisi au hasard, cela implique un cheminement qui ignore l’issu de l’aventure. Les images de ce film sont dans la lumière d'automne, d'hiver et de printemps - quand les nuits longues prennent sur les jours, laissant la place aux histoires, aux rêves et peut être aux fantômes.
Voyage dans le TEMPS - Ce voyage situé dans le passé retrace l’Histoire allemande à travers le cheminement de ma famille, à travers ses récits et ses souvenirs personnels : ses multiples déplacements de l'Ouest à l'Est et puis de l'Est à l'Ouest, ses implications ou passivité dans le passé, son refus ou sa volonté de parler de ce sujet, ses différences de de mentalités, ses déchirements dûs à l'Histoire.
Voyage dans l’ESPACE - Lors de ce voyage, "réel", je parcours le pays à la rencontre des gens d'Allemagne d'aujourd'hui et des lieux qui ont marqué la notion de "nation allemande". Le film se dirige vers l’Est de l’Allemagne, là où les gens se posent encore des questions au sujet de ‘leur’ pays, puis le film longe ses frontières pour suivre le récit de ma recherche.
Voyage dans les PENSEES - Ce voyage est d'ordre immatériel et appartient à l'initiative d’un compagnon de route, 'ein Wanderer' - un vagabond, le voyageur éternel, figure emblématique du romantisme allemand. C'est sa voix qui amène le film dans le monde imaginaire de l'Allemagne, à la découverte de ses poèmes, de ses chansons d'enfants et trésors culturels, de ses mémoires et rêves enfouis. Dans le film, le ‘Wanderer-voyageur’ est un fantôme : une présence qu’on ressent sans la saisir vraiment. Sans être une incarnation, il est une voix, une ombre, une silhouette au loin.
Le ‘Wanderer allemand’ incarne au mieux cette fameuse "Sehnsucht" intraduisible en français. "Sehnen" signifie "languir" et "Sucht" une dépendance, une "toxicomanie". Les Allemands, un peuple soumis à un languissement pour quelque chose dont ils ignorent même le nom ? C'est le mot "nostalgie" qui s'approche le plus de son essence. Un autre mot suit bien au ‘Wanderer-voyageur’ : "Fernweh", le mal pour le lointain, le désir de la découverte, ne jamais s'attacher à un lieu. Tiraillé entre ce penchant et le côté "enraciné", il y a de la matière tragique.
Il m'était impossible d'imaginer un film sur l'Allemagne sans parler de rêves, poèmes et mondes imaginaires. Mais comment allais-je les faire coexister avec des réalités telles que des camps de concentrations, des persécutions par la Stasi, des guerres mondiales…? Le film avait besoin de quelqu’un qui n’était pas moi, un être secret du monde des pensées. Le ‘Wanderer’ apporte des traces du passé comme un écho lointain – des traces peu palpables mais qui nous donnent un accès immédiat à ces époques.
Ainsi, le récit du film se fait à deux – une partie à la première personne raconte ma quête, présente les gens rencontrés et le savoir des évènements historiques que j’ai pu recueillir. Lui, il apporte l’imaginaire de l’époque, un parfum d’antan.
Anja Unger

